Choisir le bon terrain

Plusieurs croient à tord que de planter un arbuste fruitier dans le coin du terrain «où s’qui a rien qui pousse» est une bonne idée. Mais en y réfléchissant bien, on se rend compte du non-sens.

Vos arbustes ont besoin d’un terrain adapté pour eux. Dites-vous bien que dans l’Est du Québec, plus y’a du soleil, mieux ç’est pour la majorité des plantes. À condition de ne pas manquer d’eau.

Orientation

Quand on parle d’orientation, indirectement en parle d’ensoleillement. Il faut s’avoir que le soleil se lève à l’est et se couche à l’ouest. En sachant cela, il faut s’organiser pour que la plante puisse avoir le maximum de temps d’ensoleillement entre c’est deux moments. On privilégie le soleil du matin, ce serait lui le meilleur pour les plantes. Il active la circulation de la sève dans la plante et la réchauffe en même temps, plus tôt dans la journée ce qui lui donne plus de temps.

Le Vent et la Neige

Choisissez bien l’endroit sur votre terrain où vous aurez le plus possible de ces conditions. Il peut y avoir un paradoxe lié à ce super «spot» sur votre terrain! Assurément si votre plante a beaucoup de soleil, il y a de forte chance qu’elle aura aussi trop de vent ou pas assez de neige. Il faut protéger vos arbustes des gros vents. En été, ce n’est pas si grave, à moins que vous planter près de la mer. Mais en automne et en hiver, ça pourrait affecter certains arbustes. Regardez les grosses épinettes sur le bord du fleuve, il y a toujours un côté avec des branches longues et l’autre bord les branches sont courtes et rabougris. C’est le vent! Pour y remédier, on peut installer des clôtures à neige (tsé les belles clôtures orange construction). Elles permettront l’accumulation de neige au pieds des plants et ça les protègera du froid hivernal. Une façon plus écologique serait de faire une haie brise-vent, si vous avez l’espace. On utilise des arbres ou arbustes qui laissent passer un peu de vent mais pas trop. Par exemple, j’ai vu un agriculteur planter des argousiers autour de ses champs, cela fait une super bonne haie brise-vent et en plus elle est piquante c’est-à-dire qu’elle n’attire pas (voir même éloigne) certains animaux, comme les chevreuils.

Temps d’ensoleillement

Aussi, j’aimerais préciser que si on parle de zone ensoleillé ou ombragé, on parle encore de temps d’ensoleillement. Car toutes les plantes, annuelles ou vivaces, ont besoin de soleil. Mais certaine vont mieux pousser avec une période plus ou moins courte d’ensoleillement. Plus précisément, une plante d’ombre à besoin de 3 à 6 heures de soleil. Et une plante d’ensoleillement maximum aura besoin d’au moins 8-12 heures de soleil.

Le drainage

Une autre chose à vérifier quand vous choisirez votre zone de plantation, c’est l’eau stagnante contenu dans le sol ou le drainage. Si votre sol est très imbibé d’eau au printemps et que l’eau y est stagnante, c’est assurément un endroit pour faire mourir un arbuste. Si l’eau s’écoule le printemps mais que l’eau n’y reste pas, certaines plantes vont y survivre. Les racines ont besoin d’oxygène et de micro-organisme pour bien se développer et apporter les nutriments au reste de la plante. Elles ont besoin d’eau mais pas en excès, comme toute bonne chose!

Le sol

Prenez le temps d’observer les «mauvaises herbes» qui poussent présentement dans la zone de plantation prévue. Cela vous donnera une bonne idée de l’acidité de votre sol. Faites quelques recherches sur le net et vous trouverez des informations. Par exemple, les petites fraises des champs ont tendance à mieux pousser dans un sol acide et compacté, idem pour les épervières (les petites fleurs jaunes ou oranges un peu poilus). Les marguerites poussent dans un sol pauvre et compacté. Ça peut être bon d’avoir un sol acide, tout dépend des besoins de votre arbuste. Les camerisiers ont besoin d’un sol neutre entre 6,7 et 7 pH. Les bleuets préfèrent un sol plus acide, en bas de 6,5 de pH. Le sol est très complexe, il y a beaucoup de facteurs à considérer et l’humain ne connait pas encore tous les micro-organismes qui le compose. Ce qu’on découvre c’est que plus votre sol est vivant, plus les plantes y sont heureuses.

Bien se préparer

Prenez le temps d’observer si vous avez de la vie dans votre zone de plantation. Vous éviterez beaucoup de tracas si votre sol est déjà vivant. Si ce n’est pas le cas, tout n’est pas perdu, il faut simplement prendre une année et préparer votre sol. Faire un engrais vert, planter une légumineuse qui apporte de l’azote; ajouter beaucoup de compost ou de fumier; mettre de la chaux si nécessaire, de la cendre de bois pourrait faire aussi; tout ceci permettra de décompacter le sol. On ajoute un peu de paille à l’automne afin de ne jamais laisser le sol à nu en hiver, on veut préserver la vie et la protéger du gel. Et l’année suivante on est prêt à planter.

En conclusion, un bon jardinier est avant tout un bon observateur. Plus souvent vous observez,
plus souvent vous préviendrez les problèmes.

Description de la photo: Joel et moi observons nos plants au moins une à deux fois par semaine. On en discute et cela nous permet de réfléchir et d’agir avant que les petits problèmes deviennent des gros problèmes!

2 Commentaires sur “Choisir le bon terrain

    • admin says:

      Bonjour!
      Vous pouvez les commander ici même sur le site. Si vous avez des questions n’hésitez pas à me contacter par courriel ou par téléphone.
      Merci
      Chantale

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